Réaction de Christophe Dufour, directeur du Musée d'histoire naturelle de Neuchâtel
Par Léopold le jeudi 9 octobre 2008, 13:36 - Analyses et réactions - Lien permanent
Le rapport
Rimus est retiré. Quelle bonne nouvelle !
Puisque le succès de fréquentation du Muséum de Neuchâtel a été invoqué comme argument à charge contre les musées de La Chaux-de-Fonds, je profite de cette occasion pour préciser quelles sont, à mon avis, les clés de ce succès.
Il passe par une relation directe et confiante entre conseillers communaux et conservateurs. Dans les villes ou cantons où des « chefs de service » servent d’intermédiaires entre le politique et les conservateurs, tous les projets prennent un temps fou, sont plus onéreux ou échouent en raison d’un mauvais timing. C’est notre force, à Neuchâtel, pour rivaliser avec de bien plus grandes institutions, que d’avoir cette rapidité d’action, ce pouvoir de décision. C’est l’un des rares avantages de notre petite taille. Profitons-en !
Il est absurde de vouloir ajouter un échelon administratif supplémentaire dans de si petites administrations. C’est à la fois onéreux, contre-productif et démotivant. C’est parce qu’ils se sentent responsables de l’avenir de l’institution qui leur est confiée que les conservateurs démontrent un engagement souvent sans limite et une inventivité multipliée.
La marque de confiance dont bénéficient tous les conservateurs des Musées de la Ville de Neuchâtel est pour une grande part dans leurs succès. Cette réussite n’est pas tombée du ciel, mais elle s’est instaurée dans la durée, sous l’impulsion continue et persévérante du politique. Merci à lui d’avoir compris que pour fonctionner efficacement, les musées doivent être actifs simultanément dans leurs trois missions que sont la conservation du patrimoine, la recherche et la diffusion des connaissances.
Ce texte a d'abord été publié en commentaire d'un des billets de ce blog le 8 octobre 2008. Nous avons pris la liberté de le publier comme billet autonome pour lui donner une plus grande visibilité.

Commentaires
Il ya deux mille ans, les Grecs savaient déjà que les choses de l'esprit et de la foi ne peuvent ni ne doivent être contrôlées par l'Etat, mais bien protégées et favorisées par lui.
A La Chaux-de-Fonds, Platon reste sans voix.
La "vision" du Conseil communal est indigne d'une cité qui aspire à la reconnaissance par l'UNESCO.