Résolution de la quadrature de la diagonale
Par Léopold le dimanche 5 octobre 2008, 13:37 - Rions un peu avec Rimus - Lien permanent
À
la page 13 du Rapport sur la réorganisation des institutions muséales de La
Chaux-de-Fonds, au chaptire Changements de paradigmes, les
auteurs s'attellent à un noble problème, qui préoccupe les géomètres depuis
l'Antiquité :
Le changement de paradigme va même plus loin puisque, d'une certaine manière, le mandat demande la quadrature du cercle: inventer un troisième axe (la diagonale qui manque) et annihiler ainsi l'opposition existante entre les réalités verticale et horizontale.
Pour y voir plus clair, lisons les explications des auteurs du rapport :
Jusqu'à présent on a considéré et pensé les musées de La Chaux-de-Fonds (et d'ailleurs) dans une dimension verticale : chaque musée est lié à la branche académique qu’il expose, chaque musée a un conservateur qui est un expert dans son domaine et qui donne une image au musée. Il est le musée1. Le but est de conserver le patrimoine, de faire briller le musée dans sa branche respective, de le faire connaître à l’extérieur (et de se faire connaître). Dans cette dimension verticale, il n'y a rien de commun entre un musée d’horlogerie et un musée d’histoire naturelle. On reste dans la logique universitaire où chaque musée a l'ambition d’être un centre d’excellence pour sa branche et une institution avant tout culturelle et scientifique.
Le mandat de directeur des institutions muséales, à l'apparence simple, signifie de ne plus penser discipline académique, mais musée, institution. Ce mandat donne une dimension horizontale aux musées, c'est-à-dire penser musée dans la ville, penser fonction du musée, penser rayonnement de la ville. Cela signifie recadrer les musées et définir leur mission au XXIe siècle, s'orienter sur les groupes-cibles et les visiteurs, réduire les compétences décisionnelles des conservateurs, intégrer les musées dans une politique et/ou une offre culturelle et remettre en question chaque élément composant un musée pour s'orienter sur une vision future [...] Le musée est alors avant tout considéré dans sa fonction et il se détache même de son contenu. (p. 13)
Il est dès lors évident que
Si on veut changer la logique verticale au profit d’une logique horizontale, il est inévitable de devoir enlever l’autonomie aux partenaires liés dans une entité commune. Cela signifie concrètement mettre en place une hiérarchie ainsi que des séparations de tâches et de pouvoirs.
Donc les musées ne sont plus considérés comme extérieurs au contrôle de l'administration mais comme des éléments d’une entité muséale intégrée dans l’administration communale et participant au rayonnement et à la promotion de la Ville (et ainsi des musées eux-mêmes), chaque élément devant être suffisamment fort pour faire rayonner les autres, car comme disait Aristote: "La totalité est plus que la somme des parties."
Effectivement, si même Aristote partage l'avis du Conseil communal...
