Remède : nommer (et vite !) un(e) responsable du domaine « muséal » avec pleins pouvoirs pour mettre ce bazar au service de la promotion d’une meilleure image de la ville. Page 27 du rapport, on nous donne le programme :

« Le politique se réapproprie les musées »
« Le politique réinvestit le savoir »
« Le politique met en place les instruments de contrôle »
« Le politique fixe des buts et des objectifs ».

Il ne manque à ce credo que l’invocation des fantômes de Joseph Goebbels (mort à Berlin en 1945) et Andreï Jdanov (mort à Moscou en 1948), sinistres héros de la domestication de la culture au siècle passé, pour lesquels ces orientations allaient de soi.

Nos édiles veulent se libérer du poids de l’histoire, d’où le dénigrement sans scrupules, insolite dans un rapport officiel, des acteurs de l’action culturelle avec qui on prétend collaborer, des responsables politiques – ceux d’avant bien sûr – voire de l’administration communale qui présente « une culture d’entreprise déficitaire ».

Ce qui compte, c’est donc « l’image » ; nous dire laquelle ne vient pas à l’idée du rapporteur. Les grands projets ciblés qui en assureront la promotion sont tout aussi vagues. Les tentatives de réflexion prétentieuses du chap. 6 sont d’une banalité et/ou d’une pauvreté affligeantes, noyées dans le verbiage pseudo-gestionnaire à la mode aujourd’hui. Mais, nous dit-on, tout va se concrétiser quand on aura changé les structures, c’est-à-dire nommé, un(e) responsable au sommet de la hiérarchie muséale.

Question image, j’aime mieux voir ma ville mentionnée modestement dans un grand musée étranger que faire parler d’elle par un rapport officiel consternant de vide et insultant pour ses acteurs culturels. Puisse ce texte être refusé au Conseil général !


Blaise Duvanel
sociologue