Or c’est précisément une telle mainmise que propose – à une toute autre échelle bien sûr, le fameux rapport sur les musées de La Chaux-de-Fonds. Vu la petitesse et la mesquinerie de l’argumentation, il ne faut pas s’attendre à une catastrophe d’envergure. Ce faux-pas bête et méchant n’entraînera pas de krach culturel. Néanmoins, l’image de La Chaux-de-Fonds – une ville qui peut se targuer d’avoir vu naître Le Corbusier, Blaise Cendrars et d’avoir encore un bon nombre d’artistes en son sein, en pâtira très certainement. Que dirait l’UNESCO, par exemple, d’une ville qui met sa culture sous tutelle ? Pour l’instant, le seul résultat tangible est que les autorités politiques se sont couvertes de ridicule. Les auteurs de ce rapport, dont on fait déjà des gorges chaudes (RIMUS !) dans les milieux culturels romands, n’ont pas rendu service à leur communauté. Ceci dit, on ne peut pas trop leur en vouloir : ils n’ont fait preuve que de couardise face à une chose qu’ils ne comprennent pas, ils ne méritent qu’une gifle… Et au fait, ils viennent de s’en prendre une bonne ! Mais assez : ces grattes-papiers seront bientôt oubliés et les arts, eux, resteront libres et vigoureux dans la région, quels que soient les murs de bêtise dans lesquels nos visionnaires politiques tentent de les enfermer !

Et dire que cette mascarade coûte quelques douze mille francs par mois au contribuable, pour un poste (culturellement toxique) de plus.


Grégoire Müller

Ce texte a d'abord été publié en commentaire d'un des billets de ce blog. Nous avons pris la liberté de le publier comme billet autonome pour lui donner une plus grande visibilité.