Vous avez utilisé des termes issus d’entretiens et/ou d’échanges plus ou moins privés, de procès verbaux de groupes de travail et de commissions :

  • Pour les entretiens et échanges, je sais que vous n’avez pas demandé leur avis à leurs auteurs puisque j’en fait partie.

  • Pour les deux autres types d’extraits, je croyais jusqu’ici qu’ils étaient protégés dans le sens où, dans les groupes de travail comme dans les commissions, des positions sont prises et mises en discussion qui ne sont pas définitives et auxquelles il est souvent renoncé après discussion.

Or, non seulement vous avez utilisé de manière fort cavalière ces éléments sans le faire savoir aux intéressés, mais vous l’avez fait hors contexte, dans le but exclusif de dénigrer et stigmatiser leurs auteurs. Je me trouve ainsi remise en cause personnellement, ce que j’accepte d’autant moins que trois d’entre vous connaissent la genèse du travail que j’ai effectué au nom du Conseil communal.

Malgré le ridicule que vous inspirent aujourd’hui les pistes ouvertes à l’époque, je vous rappelle que nous entrions dans le RUN, d’où un travail de réflexion avec les deux autres villes qui en sont membres, nous parlions de fusion avec la Ville du Locle, d’où l’élaboration de pistes concernant des regroupements avec ces voisins-là, nous songions au classement UNESCO d’où l’étude d’une mise en commun du musée d’histoire et du MIH. Certes, nous n’avons pas tranché durant les quelque 20 mois de travail utilisé dans le rapport, ce qui me semble tout à fait correct encore aujourd’hui. Rappelez-vous simplement les conditions financières qui étaient les nôtres à l’époque, avec des restrictions budgétaires très importantes et l’impossibilité d’engager des investissements conséquents. Cette réalité a amené certains d’entre vous à envisager sans autre étude que leur conviction du moment la fermeture ou la privatisation de certains musées !

La façon dont vous avez traité ces extraits, soit d’une manière tendancieuse, voire malhonnête, me laisse perplexe. Comme déjà dit le but évident était de montrer qu’avant l’arrivée de Madame Evéquoz, le monde des musées et leurs responsables était peuplé d’imbéciles infatués d’eux-mêmes, butés et refusant tout changement.

Cela est scandaleux, ne correspond ni aux faits objectifs ni aux résultats du travail effectué dans les musées de notre Ville. Je l’affirme. Et si vous aviez eu le minimum de respect pour vos collaborateurs et ex-collègues, car mes prédécesseurs sont également stigmatisés, vous auriez pris la peine de nous demander un avis sur le déroulement objectif des réflexions de l’époque.

Vous avez choisi de ne consulter personne parmi ceux qui auraient pu amener une autre lumière sur votre lecture, et croyez-moi, vous avez commis-là une grave erreur. Votre rapport conclut à une aberration, celle de soumettre le culturel au politique, ce qui s’est déjà fait dans l’histoire, on sait avec quel brillant résultat. Pour y parvenir, vous portez un regard dévastateur sur les conservateurs des musées qui ne le méritent absolument pas. Ils ont non seulement défendu mais aussi enrichi le patrimoine dont ils ont la responsabilité, et c’est justement là leur rôle.

Vous avez choisi de mettre en avant ce que vous considérez comme l’incompétence de vos anciens collègues, sans rien leur demander.

Vous pouvez critiquez la manière de fonctionner du Conseil d’Etat, mais que diriez vous si c’était le Conseil d’Etat qui s’était permis en matière culturelle ce que vous venez de faire ?

Je m’arrête là en formulant le voeu que vos propositions soient balayées, et personnellement, je m’y emploierai. Par exemple, cette lettre ne restera pas plus confidentielle que votre rapport.

Aujourd’hui, quand j’écris « anciens collègues », je me rends compte que le mot collègue n’a plus sa raison d’être.

Je vous prie d’agréer, Messieurs les Conseillers communaux, l’expression de ma considération distinguée.


Claudine Stähli-Wolf