En page 28 du rapport Rimus, nous trouvons l'affirmation suivante: «Pour concurrencer les autres musées, les musées peuvent offrir entre autres

[…]
4. des thèmes spéciaux comme par ex. au musée d'ethnographie à Neuchâtel - qui n'a pas de grandes collections mais de grandes expositions - ou au Papillorama»

Cette affirmation véhicule l'idée fausse que notre musée serait un simple développeur d'expositions, détaché des obligations liées à la gestion de ses collections et que celles-ci seraient mineures. Comme toutes les personnes un brin informées le savent, il n'en est rien et il aurait suffi à l'auteure du rapport d'ouvrir le volume de Bibliothèque et Musées 2006 publié par la Ville de Neuchâtel en 2007 pour se rendre compte qu'une bonne vingtaine de pages y étaient consacrées à la gestion de plus en plus organisée des collections du MEN. D'autres publications existent, tout aussi accessibles, dont le livre de 650 pages publié à l'occasion du Centenaire du Musée ou une série d'ouvrages consacrés à ses collections, dont le huitième volume va paraître ces prochaines semaines, qui prouvent l'importance centrale des collections du MEN pour sa pratique de recherche et d'exposition. Par ailleurs, nous avons ouvert en décembre 2007 dans la villa de Pury une exposition intitulée Retour d'Angola qui présente jusqu’en décembre 2010 l'exceptionnelle collection d'objets et de photographies ramenés par une Mission scientifique suisse à la fois chaux-de-fonnière et neuchâteloise des années 1930. Tout ceci se trouve évidemment à une longueur de clic sur notre site www.men.ch, tout comme notre base de données online. Nous ne pouvons donc qu'exprimer notre profonde désapprobation face à l'instrumentalisation et la propagation d'une image de notre Musée comme détaché de collections de peu d’intérêt, idée qui discrédite une partie vitale du travail de ses conservateurs et met de l'eau au moulin de ceux qui ne comprennent pas que du temps et des moyens soient consacrés à cette partie moins visible mais tout aussi importante du travail muséal.


Avec nos amitiés solidaires

Marc-Olivier Gonseth et ses collaborateurs