Le reproche majeur que l’on adresse ces derniers jours, dans le tollé soulevé par la diffusion dudit rapport, à son auteure est de manquer singulièrement de culture, notamment historique. La culture est, en effet, affaire de nuance. L’histoire ancienne du noeud gordien mérite que l’on s’y arrête un instant :

L’interprétation du nœud gordien reste fort discutée. Gordias était roi de Phrygie. Le timon de son char était attaché avec un nœud si compliqué que nul ne pouvait le défaire. Pourtant l’empire d’Asie était promis, selon l’oracle, à celui qui y parviendrait. Beaucoup s’y étaient vainement essayés. Alexandre le trancha de son épée. Il conquit l’Asie, mais la perdit aussitôt. C’est que le nœud gordien n’est tranché qu’illusoirement : il se reconstitue sans cesse. Il est en réalité l’enchevêtrement de réalités invisibles.

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, éd. Robert Laffont, 1982, page 670.

Voilà qui n’augure pas d’un bel avenir au projet RIMUS… D’autant qu’à force de chercher la diagonale pour résoudre la question de la verticale et de l’horizontale, on risque de partir en oblique.

Quant à l’idée – hautement autoritaire, à la « prussienne », pour rester dans la région et ne pas chercher des comparaisons totalitaires, dignes de Goebbels et de Jdanov – de supprimer les quatre commissions de gestion par une seule commission consultative, elle traduit très clairement la tentation du politique de s’emparer du « pouvoir » et de liquider les très relatifs résidus d’autonomie.

Mais il est vrai que « le processus participatif a conduit à une impasse » (p.21). Elle est belle, la démocratie, dans la commune de La Chaux-de-Fonds. Le citoyen appréciera.


David Jucker, citoyen de ladite commune
David Jucker est membre du comité de la Société des amis du Musée d'histoire.

Alexandre tranche le nœud gordien (1746) – par Jean Restout - Stockholm, Palais Royal

Alexandre tranche le nœud gordien (1746) – par Jean Restout - Stockholm, Palais Royal